Le football réserve parfois des scénarios cruels, et le Real Madrid en a fait l'amer expérience cet après-midi sur la pelouse de Majorque. Dans un match marqué par une domination stérile et le retour symbolique d'Éder Militão, les Merengues ont fini par s'incliner 2-1 dans les ultimes secondes d'une rencontre électrique.
Une première période sous le signe de la frustration
Dès le coup d'envoi, les hommes d'Arbeloa ont pris les commandes du jeu, affichant une volonté claire de plier le match rapidement. La fluidité technique était au rendez-vous, portée notamment par un Arda Güler particulièrement inspiré. À la 22e minute, le jeune prodige turc délivre une passe millimétrée qui transperce la défense locale et place Kylian Mbappé seul face au but. On pense alors à l'ouverture du score, mais Leo Román, le portier majorquin, réalise un arrêt réflexe de grande classe.
Ce duel Mbappé-Román allait devenir le fil rouge de la première mi-temps. Trois minutes plus tard, l'attaquant français se retrouve à nouveau en position de conclure, mais le gardien adverse, impérial, repousse l'échéance. Le Real pousse, multiplie les vagues, et frôle encore la délivrance sur un centre millimétré de Trent Alexander-Arnold pour la volée de Güler, une nouvelle fois détournée par un Román en état de grâce.
Pourtant, contre le cours du jeu, c'est Majorque qui va frapper. Après une première alerte sur une tête de Morlanes sauvée par un tacle salvateur de Rüdiger, le milieu de terrain local ne laisse pas passer sa deuxième chance. À la 42e minute, profitant d'un oubli de marquage, Morlanes surgit de la deuxième ligne pour tromper Lunin avec sang-froid. Le stade exulte : Majorque rentre aux vestiaires avec un avantage inespéré (1-0).
Le retour du "Guerrier" et une fin de match irrespirable
Au retour des vestiaires, le siège du camp majorquin reprend. Mbappé, encore lui, tente de forcer le verrou à la 55e minute après un exploit individuel, mais bute inlassablement sur le mur Román. Face à l'impuissance de son attaque, Arbeloa décide de lancer ses forces vives : Bellingham, Vinícius Jr. et surtout Éder Militão font leur entrée. Pour le défenseur brésilien, c'est un moment fort, lui qui n'avait plus foulé les pelouses depuis sa grave blessure le 7 décembre dernier.
Alors que le chronomètre s'égraine et que l'espoir semble s'évaporer, le salut vient justement du revenant. À la 88e minute, sur un corner parfaitement botté par Alexander-Arnold, Militão s'élève plus haut que tout le monde et catapulte une tête rageuse au fond des filets. L'égalisation (1-1) semble sceller le partage des points, ou du moins offrir un élan final aux Madrilènes.
Portés par ce but, les joueurs du Real se ruent tous à l'attaque dans le temps additionnel pour arracher les trois points. Un déséquilibre fatal. Sur un contre assassin mené par les locaux, l'insatiable Muriqi se retrouve à la conclusion pour inscrire le but du 2-1, plongeant le Real Madrid dans le doute.
Un bilan comptable inquiétant
Cette défaite à Son Moix est un coup dur pour la Casa Blanca. Au-delà de la perte des points, c'est l'incapacité à concrétiser une domination écrasante qui interpelle. Malgré le retour encourageant de Militão, le Real laisse filer le Barça en tête de la Liga et devra impérativement corriger le tir avant son choc européen face au Bayern Munich. L'efficacité devra être au rendez-vous, car mercredi, le droit à l'erreur n'existera plus.

